La Fête cantonale vaudoise de lutte a pris ses quartiers à Aigle ce week-end. Pour cette 99ème édition, quelque 250 participants sont appelés à en découdre sur les ronds de sciure du stade des Glariers. 

Après deux années difficiles marquées par la crise sanitaire, les différents pratiquants retrouvent un semblant de normalité. Les combats ont pu reprendre et le calendrier est à nouveau bien rempli depuis quelques semaines. De quoi se préparer et monter en puissance, pour les meilleurs, jusqu'à l'évènement phare de l'année: la Fête fédérale prévue au mois d'août à Pratteln, dans le demi-canton de Bâle-Campagne. 

Cette année 2022 est donc particulière à plus d'un titre. Et pour les lutteurs, des rendez-vous comme celui d'Aigle sont de belles opportunités de marquer des points précieux en vue d'une qualification pour l'échéance bâloise. Mais ces compétitions ne profitent pas qu'aux athlètes. Le club d'Aigle et environs, qui organise cette Fête cantonale vaudoise, espère aussi pouvoir miser sur des retombées au terme du week-end. Le fait de susciter des vocations fait notamment partie des attentes, qui plus est au sortir de cette pandémie de Covid-19 qui a eu un certain nombre de répercussions. 

Nous avons fait le point samedi dans "La Tablée des Sports" avec Clément Dind, chef technique cantonal vaudois, Ivan Mollet, lutteur d'Ollon, et Harald Cropt, membre du comité d'organisation.

Comme beaucoup d'autres sports, la lutte doit tenter de vivre avec son temps. Techniques d'entraînement, professionnalisation de la préparation, revenus des athlètes liés au sponsoring, présence des femmes dans les compétitions. Tous ces éléments font partie de l'évolution d'une discipline qui reste aussi ancrée dans certaines traditions. Et l'équilibre n'est pas toujours facile à trouver.

Pour le moment, les lutteuses ne sont, par exemple, toujours pas autorisées à participer à la Fête fédérale, un évènement organisé tous les trois ans qui réunit des dizaines de milliers de spectateurs. Mais cette année, pour la toute 1ère fois, une délégation féminine défilera lors du cortège d'ouverture. Pour Marlène Perroud-Ludi, lutteuse de Château-d'Oex, il s'agit déjà d'une avancée. Ce qui participerait à tordre le cou à quelques idées reçues selon lesquelles la lutte s'adapterait plus lentement que d'autres sports aux changements de société. Nous avons abordé cette question avec Marlène Perroud-Ludi, mais aussi avec nos trois autres invités, Ivan Mollet, Harald Cropt et Clément Dind.