- Parti avec le dossard 36, Arnaud Boisset a adoré la piste de "l'Eclipse" de Courchevel. (© FIS)
Treizième de la descente de Courchevel, Arnaud Boisset a signé son retour dans les points après de longs mois compliqués, notamment depuis sa chute à Beaver Creek en décembre 2024. Entre opportunités limitées en Coupe du monde et passages par la Coupe d’Europe, le Valaisan a vécu un hiver particulier, qu’il conclut avec le sourire.
Poing levé dans l’aire d’arrivée, sourire satisfait et, on l’imagine, un gros « ouf » de soulagement. Arnaud Boisset a mis fin à sa – courte – saison de Coupe du monde à Courchevel par un excellent résultat : une 13e place. Il s’agissait là de son deuxième meilleur résultat en carrière en descente dans l’élite du ski alpin. Mais, surtout, de ses premiers points de l’hiver dans la catégorie reine. « C’est une belle performance. Je peux me dire que je suis de retour aux affaires et que je peux rivaliser avec les meilleurs mondiaux. » Depuis la mi-janvier, le Martignerain sentait déjà que la dynamique changeait à l’entraînement, sans pouvoir le matérialiser en course. « J’ai eu un déclic dans la tête et dans mon ski. Je savais qu’il ne manquait pas grand-chose. »
Le chemin aura été long depuis sa chute survenue en décembre 2024 à Beaver Creek (Etats-Unis). Mais voilà Arnaud Boisset désormais confiant en ses capacités. Le Valaisan n’en oublie cependant pas que sa saison fut très particulière, faite de malchance, manque de places et yo-yo entre Coupe du monde et Coupe d’Europe. Malchance, d‘abord, puisque les deux derniers Super-G de l’hiver prévus à Courchevel, ont été annulés. « J’ai zéro point dans la discipline en Coupe du monde cette année. Et si l'année prochaine les entraîneurs se basent sur ce classement-là pour faire la sélection, ça sera compliqué pour moi, bien que je pense avoir le niveau de skier dans les vingt… » C’est là le malheur de l’athlète de 27 ans : celui de voir le contingent suisse en Coupe du monde complètement bouché.
Le difficile pas en arrière vers la Coupe d’Europe
Seuls huit coureurs helvètes peuvent être alignés en course. Et sans blessure ou méforme des titulaires, difficile pour les suivants de se faire une place au soleil. « C'est un peu comme si j'étais sur le banc des remplaçants dans une équipe de foot. Mais si un joueur est trop longtemps sur le banc, il peut changer de club. Alors que moi, je ne peux pas changer de nation. Et puis, le remplaçant touche quand même son salaire. Alors que moi, si je n'ai pas de course, je ne suis pas rémunéré. Donc la situation est clairement frustrante, oui », indique-t-il. C’est pour cette raison qu’Arnaud Boisset a également pris des départs en Coupe d’Europe cet hiver. Douze au total, pour un podium en Super-G à Verbier en janvier. « Le problème, c'est que les pistes de Coupe d'Europe ne sont vraiment pas les mêmes que les pistes de Coupe du Monde. Celui qui fait un podium en Coupe d'Europe n'est pas assuré de skier dans les 30 sur une piste de Coupe du Monde. Et vice-versa. On est presque dans une autre discipline. »
S’il ne sait pas encore à quoi s’attendre pour la saison prochaine, étant donné que les places dans l’élite seront toujours aussi chères, Arnaud Boisset a toutefois la certitude qu’il peut avoir confiance en son ski. L’Octodurien cherchera avant tout à terminer sa saison en beauté, en cette fin de semaine sur les finales de Coupe d’Europe à Saalbach. Dans la station autrichienne, il pourra se rappeler à un très bon souvenir. Celui de son unique podium en Coupe du monde (ndlr: une troisième place), obtenu il y a près de deux ans en Super-G. « C'est une piste où j'ai eu du succès, et où j’aurai des attentes. »
L'interview
Thierry Nicolet









































