- Difficile d'évoquer la légende de Roland Collombin sans mentionner Kitzbühel. (© Hahnenkamm-Rennen)
Sa carrière fut courte, mais néanmoins marquante. Plus de 50 ans après ses deux victoires à Kitzbühel, Roland Collombin a ouvert la boîte à souvenirs. Rencontre avec celui qui est une légende dans son pays, et dans la station autrichienne.
Il est ce que l’on peut appeler une « tronche » du ski alpin. Il y a plus de 50 ans, à l’hiver 1974, Roland Collombin épatait la Suisse et le monde en s’imposant sur quatre descentes consécutives, dont celle de Kitzbühel. Cela quelques mois seulement avant une fin de carrière bien trop abrupte, causée par une chute en décembre 1975 à Val-d’Isère. Au moment de replonger dans certains de ses souvenirs, le natif de Versegères nous a directement mis en garde. « Je ne suis pas nostalgique. J’ai passé de très bons moments, c’était super, je préfère regarder vers l’avenir, comme par exemple d’aller skier demain ! »
À 74 ans, le Valaisan n’a rien perdu de son franc-parler. Ni de sa passion pour le ski alpin. Il sera bien évidemment devant sa télévision en cette fin de semaine pour suivre les mythiques épreuves de Kitzbühel. Dans la station autrichienne, Roland Collombin est une légende, grâce à ses deux succès (1973 et 1974). « J’y suis reçu comme le pape. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai demandé au responsable des remontées mécaniques s’ils allaient enlever la cabine qui porte mon nom. Il m’a répondu que Collombin, c’était à vie. J’ai trouvé ça magnifique. »
Une vraie descente pour de vrais descendeurs
Le septuagénaire passe la plupart de son temps entre les pistes de ski et son restaurant de Martigny-Bourg, nommé… La Streif, en référence à la piste de Kitzbühel. C’est donc peu dire que ce village du Tyrol l’a façonné. Et l’a marqué. « Quand on arrive pour la première fois, moi j’avais 20 ans, on est impressionné. Après cinq ou six secondes, on est déjà à une vitesse énorme, puis il y a les compressions, les sauts… Mais on finit par l’apprécier, c’est une vraie descente pour de vrais descendeurs. »
S’il avoue regretter le côté « plus simple et convivial » du Kitzbühel des années 70, Roland Collombin s’y sent comme à la maison à chaque fois qu’il y retourne. Si sa carrière n’a pas duré longtemps, elle a à coup sûr marqué les esprits. « Je pense que j’ai laissé une trace là-bas, pas seulement par mes performances sur la piste, mais aussi par mon comportement en dehors du ski. C’est pour ça que je suis toujours très bien reçu. »
L'interview
Thierry Nicolet










































