- © Lionel Flusin
La 60e édition du Montreux Jazz Festival (MJF) qui s'est déroulée dans le Centre des congrès rénové du 3 au 18 juillet a rassemblé plus de 250'000 personnes. Le taux de remplissage moyen des salles payantes a atteint 91%.
Alors que le festival s'apprêtait à vivre samedi sa dernière soirée avec les concerts des "deux monstres sacrés" que sont Van Morrison et James Taylor, le directeur Mathieu Jaton a affiché un large sourire en tirant un bilan "super réjouissant" de cette édition anniversaire. Elle marquait surtout le retour du festival dans un Centre des Congrès (2m2c) entièrement rénové, après les deux années Covid et deux ans passés hors les murs, où "tout a dû être à chaque fois réinventé", a-t-il rappelé vendredi devant la presse.
Plus fluide
Les nouvelles infrastructures ont permis d'élargir le quai devant le bâtiment, avec une fluidité nettement améliorée. Au vu des changements climatiques, de la tempête vécue jeudi soir et des nombreux festivals en France touchés par des annulations, Mathieu Jaton s'est dit très content de retrouver le bâtiment et ne regrette pas la Scène du lac.
Si le festival a rassemblé plus de 250'000 visiteurs sur seize jours, le directeur estime, sur la base de comptages et statistiques, que le chiffre réel sera bien au-delà.
A l'Auditorium Stravinski (4500 places), le taux de remplissage moyen a atteint environ 4200 billets vendus par soir, "c'est juste incroyable". Le Montreux Jazz Lab, avec ses 2300 places, a lui aussi enregistré des taux de remplissage inédits depuis sa création en 2013: autour de 2000 à 2100 places vendues, un record pour la salle, selon le responsable.
Transmission entre générations
Sur le plan artistique, Mathieu Jaton s'est réjoui de "moments ultraforts" dans une édition particulièrement "dense et intense". La carte blanche à la chanteuse britannique Raye a permis de traverser six décennies d'histoire du festival et de bénéficier de ses invités surprise Mark Ronson et Alicia Keys. Dans son sillage, de nombreux artistes de la nouvelle génération ont exprimé leur attachement à la manifestation.
© Marc Ducrest
Mathieu Jaton s'est dit très touché par Sienna Spiro (20 ans) et son hommage à Nina Simone et par Liniker (26 ans) qui a renouvelé avec fraîcheur la musique brésilienne. Avec ces concerts, ceux de PinkPantheress, Tyla ou Zara Larsson, "un public jeune a pu s'emparer avec enthousiasme du Stravinski", s'est-il réjoui. "Nous avons également vécu une très belle claque avec le Japonais ¥øu$uk€ ¥uk1mat$u qui a montré que la techno est aussi issue du jazz".
Les Londoniens d'Ezra Collective ont eux remplacé au pied levé les Isley Brothers, électrisant le Stravinski. Rareté sur le sol européen, Gideon et ses jeux de lumière, a proposé un "show splendide", a-t-il estimé.
© Emilien Itim
"Patrons du jazz"
Parmi les têtes d'affiche, Mathieu Jaton a encore cité les concerts de Moby, de Nick Cave, ou encore ceux des "patrons du jazz" que sont Marcus Miller et son hommage à Miles Davis et Charles Lloyd déjà présent lors de la première édition du festival en 1967.
La programmation complète du MJF combinait plus de 700 activités gratuites et l'ensemble des concerts payants des salles intérieures et extérieures. Inchangé, le budget de la manifestation se monte à 30 millions de francs.
La prochaine édition se tiendra du 2 au 17 juillet 2027.
ATS










































