- Féru d'histoire, Philippe Nicollier, président de la Fondation VD 3209, a été la cheville ouvrière du sentier. Crédit : Radio Chablais
La bataille de Tréchadèze se rejoue désormais au fil d’un sentier didactique au-dessus des Diablerets. Inauguré samedi par la Fondation VD3209, le parcours historique de 3 km retrace en six panneaux l’escarmouche victorieuse du 5 mars 1798.
Au petit matin, 200 Ormonans, placés sous les ordres des lieutenants Moillen, Culand, Pernet et Pichard, repoussent avec succès l’invasion de 700 soldats républicains dans la clairière de Tréchadèze. Grâce à leurs connaissances du terrain alpin et à leur bonne étoile, les Vaudois sont en mesure de blesser mortellement le commandant français Gabriel Forneret, «mettant ainsi en déroute les troupes tricolores» , raconte Philippe Nicollier, président de la Fondation VD 3209, initiatrice de l'itinéraire.
Une victoire toute relative ...
L'éclat de courage et de patriotisme dont firent preuve les Ormonans «fut toutefois vain», selon le féru d'histoire. «Le même jour, Berne tombait aux mains des Français.» Sous la mainmise française, la Suisse se verra imposer le régime de la République helvétique jusqu’en 1803, date de la signature de l'Acte de Médiation par Napoléon.
Cette confrontation entre l’Ancien Régime helvétique et la République Française marque un tournant majeur qui mènera en 1848 à la constitution de la Suisse moderne. Cet événement aura été annonciateur d’une nouvelle époque philosophique, politique et géographique pour le pays. «Rapidement après ce combat, la Suisse passera de 13 cantons à 19 puis 22. Au sortir du traité de Vienne en 1815, la Confédération possède déjà la forme qu’on lui connaît aujourd’hui», raconte l'ancien syndic.
Un mode de vie pastoral disparu
Le parcours, qui aura nécessité trois ans de travail à la dizaine de bénévoles de la Fondation VD 3209, permet également de se plonger dans l’histoire pastorale du XVIIIème siècle grâce à un chalet bicentenaire, dernier témoin silencieux de cet affrontement historique. Dans cette clairière où s'élevaient sept bâtiments, la bâtisse rescapée lève le voile sur la vie rude et rustique des paysans de l'époque, aujourd'hui disparue. «Les bergers vivaient à 1419 m d'altitude, avec une cuisinière pour seul chauffage en plein hiver», rappelle Philippe Nicollier.
Antoni Da Campo










































