- Le garde forestier Jean-François Rochat et l'inspectrice des forêts Diane Morattel dans la forêt "cathédrale" des Luisances à Bex. Crédit : Radio Chablais
Malgré les nombreuses menaces qui pèsent sur les forêts du Chablais valaisan et vaudois, les arbres résistent et prospèrent.
"Cette résilience végétale repose en grande partie sur le travail quotidien des forestiers de la région", confirme Diane Morattel, inspectrice des forêts pour le canton de Vaud. Grâce à des coupes ciblées et des plantations, ces spécialistes entretiennent les 43'500 hectares de surfaces boisées (13'500 ha d’Evionnaz à Saint-Gingolph et 30'000 ha pour le Chablais vaudois), composés d’une grande diversité d’espèces indigènes, près d'une quarantaine, telles que le sapin blanc, le mélèze ou encore le frêne.
"Notre rôle est de nous assurer que nos forêts continuent de remplir leurs fonctions, notamment la protection contre les dangers naturels, leur rôle de réservoirs écologiques, l'accueil du public et la production de bois", détaille Jean-Christophe Clivaz, chef du Service des forêts, de la nature et du paysage valaisan (SFNP).
Sur la colline du Montet à Bex, ce travail de terrain aide les zones boisées à s’adapter au changement climatique, à favoriser la biodiversité locale ou à lutter contre les maladies comme le bostryche. Alors que les épicéas de la Vallée d’Illiez sont touchés de plein fouet par ce petit coléoptère xylophage, le Chablais vaudois est relativement épargné grâce à la diversité des essences, explique Jean-François Rochat, garde forestier à Bex depuis 20 ans.
Lors de coupes, ici à la colline du Montet, le bois mort est laissé sur place pour favoriser une forêt saine. Crédit : Radio Chablais
Grâce à ses 20 ans d’expérience dans le métier, Jean-François Rochat sait exactement quels arbres prélever pour favoriser les variétés résistantes aux pics de chaleur et rajeunir la forêt, victime d'un vieillissement en raison de sa sous-exploitation depuis le siècle dernier.
Si les professionnels prennent les questions de changement climatique très au sérieux, c'est que la composition des forêts pourrait changer profondément et rapidement avant la fin du siècle. "Concrètement, les scénarios les plus plausibles prévoient une élévation d’environ 600 m d’altitude des étages de végétation. Par exemple, l’aire de répartition des chênes que l’on rencontre vers 600 m d’altitude pourrait passer à 1'200 m d’altitude d'ici 2100", illustre Jean-Christophe Clivaz.
Dans ce contexte de bouleversement, les feux de forêt pourraient également devenir plus fréquents. "Une analyse de risques à l’échelle du Canton est bientôt terminée et permettra de délimiter les secteurs les plus sensibles tout en améliorant la lutte contre les incendies", précise-t-il.
Chaque année, de septembre à février, les 60 forestiers-bûcherons du Chablais valaisan produisent 20'000 m3 de bois destinés au chauffage ou à l’industrie. De l'autre côté du Rhône, la commune de Bex investit chaque année 1 million de francs principalement alloués à l'entretien des espaces forestiers, un des budgets les mieux dotés de la région.
Antoni Da Campo









































