- Si la distillation d’eau-de-vie et la cuisson du pain au four banal font partie chaque année des activités phares des Fignolins, pour Louis Lugon-Moulin, il était temps de raviver la tradition des croix sommitales. Crédit : Jeunesse de Finhaut
Une croix de deux mètres de haut pour 80 kg veille désormais sur le village de Finhaut depuis le sommet du Bel-Oiseau.
Sur impulsion de la société de jeunesse du village, le monument en bois de mélèze local a été transporté dimanche à pied et à bras d’hommes depuis Emosson, puis érigé à 2'610 m d’altitude sur la montagne emblématique de la région.
Ce portage de plus de deux heures a vu une quinzaine de jeunes se relayer dans l’effort, la chaleur et la camaraderie. La veille au matin, le symbole patrimonial a été béni par le chanoine Jean-Pierre Liaudat devant 70 paroissiens lors de la messe du village. Selon Martin Lugon-Moulin, membre du groupe de la jeunesse de Finhaut, l’initiative a été accueillie positivement par la population, indépendamment de leur confession respective. «Nombre de participants ont leurs parents et grands-parents dans la commune qui sont admiratifs de ce projet, ça a vraiment fait l'unanimité.»
A la croisée de l'aventure humaine, de la tradition et de la foi
Habiller la montagne d’une croix sommitale est un défi sportif qui a permis aux Fignolins d’embellir leur région, de perpétuer leur culture valaisanne tout en léguant à la postérité un emblème incarnant leur foi. L’expédition inédite a rencontré un bel écho chez les participants venus en nombre, tous animés par des motivations différentes. «La dimension culturelle et fraternelle était au coeur de cette entreprise. Certains ont également été touchés par le dépassement de soi en groupe ou par l'aspect spirituel de la démarche. Tout le monde y a trouvé son compte», analyse l'ancien garde-suisse de 27 ans.
Un constat partagé par son petit frère Louis Lugon-Moulin, président de la jeunesse et initiateur de l'expédition. «Tout le monde était très motivé. Dans quelques années ils seront fiers de montrer à leurs enfants qu'ils ont participé à cette idée un peu folle». Le projet possède également un fort ancrage régional avec un bois issu de la vallée du Trient, récupéré au triage forestier de Martigny et sculpté par le troisième frère, l’ébéniste Noé Lugon-Moulin.
La nouvelle croix du Bel-Oiseau est visible par beau temps depuis le barrage d’Emosson ou lors d'une randonnée au Cheval Blanc, au départ du lac éponyme.
Antoni Da Campo










































